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07.04.2022

Souvenirs d'Istanbul !

Eh oui, me voilà de retour après deux semaines de travail intense au Lycée Français d'Istanbul !

Ceux qui me suivent sur Instagram ont déjà pu découvrir une grande partie de ces aventures littéraires et artistiques au fil de mes stories... mais la vidéo ci-dessous, réalisée le dernier jour de mon séjour, vous en dresse un petit bilan fort sympathique - merci Sabine !

 

 

☼ Et merci à tous ! ☼

19.05.2020

MIAM MIAM la Banane !

Après l'histoire hivernale et chinoise de CROC CROC la Carotte (parue chez HongFei cet automne, illustrée par Clémence Pollet) découvrez sa toute nouvelle version tropicale et mahoraise, lue par Houzania, bibliothécaire à Chirongui !

L'histoire de Miam miam la Banane a été créée par les élèves de CM1 de l'école de Chirongui 2, lors des ateliers d'écriture et d’illustrations que j'ai animés à Mayotte (entre septembre 2019 et février 2020) dans le cadre d'une résidence organisée par l'Agence régionale du Livre et de la Lecture.

Suivez-moi dans les coulisses de cette création...

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D'abord, nous avons choisi de nouveaux personnages.

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Travaillé sur la structure de l'histoire et sur le texte...

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Puis, sur le « chemin de fer » !

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Et, pour finir, sur les illustrations !

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Et voilà le travail !

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Tout au long de cette résidence, avec les CM1, nous avons beaucoup travaillé sur les goûts, les saveurs et la manière d'en parler dans nos langues respectives : cette réécriture est l'une des nombreuses productions issues de nos échanges, menés en partenariat avec la médiathèque et le Pôle culturel de la Ville de Chirongui...

♥ Quelle (délicieuse) aventure ! ♥

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(Nous sommes tous des roussettes gourmandes !)

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« Bon appétit ! »

*

18.09.2019

Résidence d'écriture à Mayotte (1)

Eh oui ! Me revoilà sur cette île magnifique, 11 ans après ma première venue. Rappelez-vous, c'était une belle aventure : elle avait commencé par une simple correspondance avec une classe de 4ème et s'était transformée en invitation sur place.

De cet échange, de ce séjour, de ces rencontres, j'ai gardé de grandes émotions et un attachement particulier à cette île. Dans la foulée, j'avais réalisé un carnet de voyage sous forme d'exposition et, depuis, celle-ci s'est pas mal promenée dans divers lieux de l'hexagone - centre culturel, collège, bibliothèques (Nantes, Auxerre, Brunoy, Cergy, Limoges...) mais aussi un restaurant !

C'est pourquoi je suis heureuse - et très chanceuse ! - d'y retourner. C'est l'ARLL (Agence Régionale du Livre et de la Lecture) qui m'y invite pour une « résidence de Littérature Jeunesse » de longue haleine puisqu'elle a lieu en 3 volets - la première en septembre, la seconde fin novembre-début décembre et la dernière fin janvier-début février.

Mon programme sera riche : en plus de l'écriture d'un album inspiré par Mayotte, je travaillerai sur un projet d'exposition avec les CM1 de Chirongui, animerai un atelier d'écriture à destination d'adultes souhaitant devenirs auteurs Jeunesse, donnerai des cours (magistraux et TD) aux futurs enseignants (MASTER MEEF 1 et 2) ainsi qu'une conférence tout public au Centre Universitaire de Dembéni ! Vous voyez ? Certes, je pars au soleil... mais je ne suis plus en vacances pour autant !

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@ suivre !

08.04.2019

Comme un « Pont des Arts » à Marseille

En mars, je me suis rendue à Marseille pour faire écrire des enfants (CE2 et CM) à la manière d'un « Pont des Arts » : quatre classes, quatre tableaux et, deux jours plus tard, quatre histoires bien construites et parfois même déjà écrites. Ensuite, il faudra illustrer.

Voici les quatre tableaux choisis comme point de départ...

La Nuit étoilée (Vincent Van Gogh, 1889)

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Les Barques - Régate à Argenteuil (Claude Monet, 1874)

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Premier vol aérostatique 19 septembre 1783 (gravure d'époque)

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J'ai passé de très bons moments d'échange autour de l'art, de la documentation, de l'inspiration, de l'écriture, de la création... avec ces enfants et leurs enseignantes : on a bien travaillé, tous ensemble !

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Merci à toute l'équipe de l'école Mazargues Vaccaro, pour son accueil très sympathique et son enthousiasme pour ce projet. Quel plaisir, de travailler dans une telle dynamique ! Et maintenant, j'ai hâte de découvrir les œuvres terminées... ;)

*

23.04.2018

Atelier « Journal de bord » à Cergy (95)

Le mois dernier, à la Médiathèque de l'Astrolabe, j'ai animé un atelier d'écriture auprès d'un groupe d'adolescents très motivés venu de l'Internat d'Excellence des Touleuses.

Après un long moment d'échange autour de mon travail, de ses contraintes et de ses attraits, nous sommes passés à l'acte - écrire !

Laurie et Lila, les deux animatrices en charge du projet à l'année, avaient choisi le thème du « Journal de bord » et apporté quelques images « motrices » d'inspiration. Il s'agissait de s'imaginer de passage dans ce décor, photographié ou peint, et de raconter son voyage...

À la fin de la séance, les textes ont tous été lus à voix haute : quelle soif d'aventure, chez ces apprentis écrivains, chez ces jeunes humains en chemin !

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*

15.12.2017

Qui veut gagner une nuit « au Corbu » ?

(C'est-à-dire, une nuit pour deux personnes à l'hôtel de la Cité Radieuse, à Marseille !)

J'en ai déjà parlé ici, la Fondation Le Corbusier organise un grand concours d'écriture. La date limite d'envoi des textes ayant été fixée au 31 décembre 2017, il vous reste encore deux semaines pour y participer - ou pour encourager vos enfants à le faire. En effet, les plus jeunes sont également concernés !

C'est pour eux que j'ai animé un atelier d'écriture (« Mise en mots de la Maison La Roche ») lors des Journées Nationales de l'Architecture, en octobre dernier. Ma mission ? Aider les enfants présents, après une visite guidée passionnante des lieux, à démarrer leur texte...

Aujourd'hui, je partage avec vous quelques pistes abordées en séance.

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Tout d'abord, il faut choisir la forme littéraire qui vous convient le mieux. La narration (conte ou nouvelle policière, par exemple) est idéale si vous êtes déjà très à l'aise avec l'écriture et/ou particulièrement inspirés par l'œuvre de Le Corbusier. Dans un cas contraire, d'autres formes littéraires me semblent plus abordables, surtout en peu de temps. C'est pourquoi je vous propose de penser au poème, à l'épistolaire et au pastiche.

Le poème peut être un calligramme (façon Apollinaire), un inventaire (à la Prévert), une série de haïkus (inspirés du Japon) ou encore un acrostiche. En voici un, composé pour l'occasion :

 

L'Acrostiche puriste

Est simple, vertical.

 

C'est un poème-pilotis.

Ouvert sur la nature et

Rythmé en façade :

Baigné de lumière,

Unique,

Solide.

Il

Est

Radical !

 

La forme épistolaire (comme celle du journal intime) peut vous plaire si vous aimez vous glisser dans la peau d'un personnage au point d'exprimer ses sentiments, imaginaires, à la première personne. Dans ce cas, le plus important pour vous sera de choisir qui écrit, puis à qui et pourquoi. N'hésitez pas à partir du type d'architecture que vous souhaitez mettre en mots : cela vous donnera des idées. Par exemple, s'il s'agit de la chapelle de Ronchamp, votre personnage peut être un promeneur égaré sur la colline, une religieuse qui y vit ou encore un animal - pourquoi pas ? - qui s'y cache des chasseurs. S'il s'agit de la Cité Radieuse, vous pourrez vous imaginer l'un de ses habitants. L'enfant qui va le matin à l'école en ascenseur ou le concierge qui rend service à tous ? Que de possibles !

Le pastiche, quant à lui, peut prendre bien des formes et même jouer la carte de l'humour : fausse annonce immobilière, article à sensation, discours d'inauguration loufoque... Soyez fous, lâchez-vous !

Encore un petit conseil ? Appuyez-vous sur le vocabulaire. Promenez-vous sur le site de la Fondation et sur ceux des différents lieux proposés - Villa Savoye, Cité Radieuse, Chapelle de Ronchamp... - et récoltez les mots du lexique architectural de Le Corbusier. Du « Modulor » au « clavier » de couleurs, vous ferez sans doute quelques découvertes inspirantes !

 

Belle écriture, et bonne chance @ tous :)

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Petit rappel du règlement

Les participants rédigeront un texte dont l’intrigue sera rattachée à l’une des œuvres de Le Corbusier (réalisations ou projets) ou à la figure de l’architecte. Ces textes ne devront pas excéder :

– pour la catégorie enfants de moins de 12 ans2000 caractères (espaces non compris)

– pour les catégories jeunes de 12 à 18 ans : 9000 caractères (espaces non compris)

– pour la catégorie adultes  (plus de 18 ans) : 9000 caractères (espaces non compris)
Les textes devront comporter un titre. Tous les genres sont acceptés : conte, nouvelle, roman policier, journal, poème, etc. Le texte proposé ne devra jamais avoir été publié. Chaque candidat ne pourra proposer qu’un texte. La participation peut être individuelle ou collective, dans le cadre scolaire.
 
Le jury, composé d’écrivains, d’un auteur jeunesse, de professionnels de l’édition et de spécialistes de l’œuvre de Le Corbusier se réunira en janvier 2018 pour élire six lauréats et trois grands prix.
 
De nombreux lots sont à gagner :
  • une nuit pour 2 à l’hôtel de la Cité radieuse (Marseille)
  • des miniatures de la collection LC éditées par Cassina
  • un abonnement à la revue d’a
  • une maquette Lego© de la Villa Savoye
  • des ouvrages et des visites
Une cérémonie de remise des prix sera organisée dans la maison La Roche au cours de laquelle les textes lauréats seront lus par un·e comédien·ne.
 
Les textes sont à adresser par mail :
ou par courrier : Fondation Le Corbusier, 8-10 square du Docteur Blanche, 75016 Paris.
 
*

02.06.2017

Objets à Réaction Poétique !

En mars, je suis partie travailler quelques jours en Haute-Saône. Avec des élèves et leurs enseignants, nous avons réfléchi à des créations littéraires et artistiques autour de la Chapelle de Ronchamp. Cette architecture extraordinaire, signée Le Corbusier, m'avait déjà inspiré le texte d'un album illustré par Anja Klauss : Le Vaisseau Blanc. (Si cela vous intéresse, j'en ai raconté la genèse ici.)

Après leur visite du lieu, j'ai invité mes jeunes auteurs en herbe à écrire non pas une histoire mais des poèmes. Les professeurs, de leur côté, avaient envie de développer l'idée de métamorphose. « Dans mon livre, la Chapelle est un vaisseau... Dans vos poèmes, en quoi se transforme-t-elle ? »

Ensemble, nous avons réfléchi, lancé des idées à la ronde, rebondi sur certaines et finalement écrit. Puis les élèves ont illustré leurs textes. Et maintenant, ils sont en train de les enregistrer. Ainsi, le jour de la restitution, le 9 juin prochain, leurs illustrations grand format seront exposées près du campanile et il suffira de flasher les QR Codes collés dessus, avec des tablettes numériques prévues à cet effet, pour entendre les poèmes...

Il faut dire que ces deux classes ont la chance d'être accompagnées dans ce projet - en plus de leurs formidables enseignantes d'arts plastiques et de français - par un documentaliste passionné : il anime avec un groupe d'élèves la webradio du collège. D'ailleurs, lors de ma résidence sur place, ils m'ont interviewée (à 13:20). L'émission - très complète, avec la rencontre d'un historien de l'art - vous attend ci-dessous :

 

 

 

Merci à tous pour votre accueil à Ronchamp, Adelans et Champagney - en particulier à Élise, Nathalie, Barbara, Raphaël et Clotilde ! Merci aussi, bien sûr, à Culture 70 pour sa grande efficacité. Plein de bonnes choses pour le 9 juin ! (Ci-dessous, le programme détaillé : cliquez pour voir plus grand.)

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19.05.2017

Atelier Haïkus (2)

Pour le deuxième groupe, j'ai répété l'exercice en changeant de support visuel. Au revoir, monsieur Rivière et vos 36 vues de la Tour Eiffel ! Bonjour, monsieur Magritte et vos visions surréelles !

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Et de cela est né ceci :

Noir, blanc et marron

Ceci n’est pas une vraie pipe

Juste son image

(Juliette)

 

Le miroir de l’âme

Reflet de l’intense azur

Et de doux nuages

(Sofia)

 

Le fond clair et blanc

La forme bleue d’une vague

La couleur très sombre

(Imad)

 

Une belle colombe

Le ciel azur dans le sombre

Un œuf pénombre

(Keysha)

 

Dans l’ombre se reflètent

Ciel bleu et nuages blancs

Des paupières ouvertes

(Manon F. et Johanna)

 

La nuit et des arbres

Une colombe nuage

Un nid et des oeufs

(Manon C.)

 

La nuit qui tombe et 

Dans le ciel un vol d’oiseau 

Au-dessus des vents 

(Fella)

 

Dans la nuit obscure

Une colombe à l’horizon

Vole sans direction

(Sofia)

 

Les hommes s’envolent

Costumes et chapeaux melon

Ombres dans le ciel

(Keysha)

 

La beauté du ciel 

La dureté de la terre

L’ampleur de la pluie 

(Imad et Radwan)

 

Un lac et du sable

Un bouquet vert de colombes

Des montagnes noires

(Manon C.)

 

Le ciel de mes yeux

Observe le continent

Une île apparaît

(Fella)

 

Dans le ciel attend 

Un rocher château de sable 

En dessous de la mer 

(Fella)

 

Une île dans les airs

Un château dans le ciel

Les vagues dans la mer

(Keysha)

 

Ce n’est pas une pipe

Pourtant elle est devant moi

Une simple image

(Clémentine et Fella)

 

Suspendus au ciel

Des hommes vêtus de noir

Attendent leurs belles

(Manon F.)

 

Du ciel les hommes tombent

S’y arrêtant une seconde

Profitant du monde

(Clémentine)

 

Bravo à tous !

 

Un grand merci à toute l'équipe du festival - Barbara Moreillon en particulier - ainsi qu'à celle, fantastique, des Archives départementales !

*

18.05.2017

Atelier Haïkus (1)

La semaine dernière, je participais au tout 1er festival « Lire, Dire, Écrire » à Cergy - un très bel événement à l'initiative de la Direction des Services Départementaux de l'Éducation Nationale (95).

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J'y ai mené deux ateliers d'écriture, autour de la lecture d'images : avec mes albums Pont des Arts, cette pratique est devenue peu à peu l'une de mes spécialités ! Chacun leur tour, deux groupes d'une même classe de 3ème du collège Jean-Claude-Chabanne de Pontoise, sont donc venus écrire des haïkus avec moi, dans l'ambiance feutrée des Archives départementales et de son bel amphithéâtre.

D'abord, j'ai présenté quelques albums écrits à partir d'œuvres d'art - notamment La Grande Vague, inspiré d'Hokusai - et leur en ai dévoilé la lecture "tête en bas". Ensuite, j'ai projeté un choix de cinq œuvres d'Henri Rivière, inspirées de la série des 36 vues du Mont Fuji dont fait partie la célèbre estampe d'Hokusai...

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> clic pour voir en grand !

 

...et posé les règles d'écriture du haïku.

Le Larousse dit : Petit poème de dix-sept syllabes, en trois vers (respectivement de 5, 7 et 5 syllabes), le haïku fut l'un des genres poétiques privilégiés de la littérature japonaise classique. Reposant sur une extrême concision formelle et usant parfois de l'humour pour suggérer un sentiment et non l'exprimer, il évoque en général un paysage ou un état d'âme.

 

Alors, ils ont écrit :

 

Ce soir-là une fête

Paris renaissant toujours

Souvenir lumière

(Océane)

 

Tombe la neige

La Grande Eiffel en chantier

Paris enchanté

(Baptiste)

 

Cette dame sans âme

Cachée sous son parapluie

Hantée par la neige

(Emma et Marine)

 

Dans le bois calme

Les chants joyeux des oiseaux

Souvenirs d’enfance

(Océane)

 

Muette devant la chute

Du haut de la cathédrale

Paris protégé

(Florine)

 

Au pied de la Tour

A la fin de ce long jour

La rivière s’éclaire

(Marine et Emma)

 

Un souffle de vent

Une feuille qui s’envole

Le calme se rend

(Ameline)

 

Pur et blanc tu es

Tel un manteau de nuages

Tu blanchis l’automne

(Philippe)

 

Muette devant la chute

La Grande Eiffel regardait

Des feuilles désolées

(Solène)

 

Ton vaillant âge pâle

Ton manteau de feuilles usé

Tu maudis le temps

(Philippe)

 

En haut de l’église

Quand la gargouille surveille

Paris est tranquille

(Emma et Marine)

 

@ suivre...

*

01.02.2016

Souvenirs d'Auxerre

En novembre dernier, j'ai eu la chance d'être invitée à l'antenne auxerroise du réseau CANOPÉ (ex-SCÉRÉN / CDDP-CRDP pour les amateurs de sigles et autres acronymes) co-éditeur de la collection Ponts des Arts : l'occasion pour moi de présenter mon travail à un public d'enseignants, tous cycles confondus.

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Après une première entrée en matière consacrée à ma façon d'écrire à partir d'une œuvre d'art - lecture et analyse de La Grande Vague à l'appui - j'ai tenté de transmettre à ces professionnels, très demandeurs, mon retour d'expérience en matière d'ateliers réalisés en classe.

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J'ai donc évoqué d'abord le beau et gros projet mené à bien en 2008, grâce à une équipe enseignante sur-motivée, avec des élèves de 5ème et 4ème à Conflans-Sainte-Honorine. Nous avons écrit tous ensemble,  tout au long de l'année scolaire, autour de ce thème qui m'est cher : la correspondance. Nos lettres, cartes, courriers, textes divers sont à découvrir par-ici.

Ensuite, j'ai abordé deux ateliers d'écriture plus récents, réalisés cette fois au Primaire : le premier à Boston, avec des classes de CM1 et le second à Triel-sur-Seine, avec des Maternelle, des CP et des CE1. Les deux ont permis, en quelques heures à peine, de donner naissance à de "vraies" histoires, à partir d'œuvres d'art. Concernant l'expérience américaine, je n'en ai pas encore parlé ici... mais j'y travaille. En revanche, si la deuxième vous intéresse, n'hésitez pas à suivre ce lien. (D'ailleurs, vous trouverez la liste des principaux ateliers que j'ai animés à l'école ou au collège au fil des années dans la rubrique "Fait en classe !" en colonne de droite.)

Puis j'ai présenté l'art postal et le carnet de voyage comme autres supports d'expression possibles que le livre. Moins narratifs, mais tout aussi porteurs pour aborder la composition d'image et/ou de message. J'avais d'ailleurs apporté quelques échantillons...

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Après un temps de discussion, quelques dédicaces et un petit entretien au micro pour la radio, l'après-midi s'est poursuivi par un second rendez-vous, à la librairie Obliques cette fois-ci...

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Lecture, dialogue, dédicaces et goûter furent au programme également : une journée bien remplie pour ce retour éclair à Auxerre - ma ville (quasi) natale !

 

02.07.2014

Comme un "Pont des Arts" (4)

Suite et fin de cette passionnante saga ! Où l'on verra que la vie d'artiste - mais aussi de modèle - n'est pas forcément de tout repos. ;-)

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Bravo et merci à tous les élèves, ainsi qu'à leurs professeurs - aussi fidèles que sympathiques ! Vous avez bien travaillé : vacances méritées ! :-)

*

01.07.2014

Comme un "Pont des Arts" (3)

Et les CP-CE1 ? De quel tableau se sont-ils inspirés pour écrire leur histoire ? Un Picasso : ce Portrait de Dora Maar

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Le souci, c'est qu'un portrait offre peu d'éléments à partir desquels commencer à faire travailler son imagination. Un fond, une chaise, une femme : c'est maigre ! Du coup, plutôt que de partir du tableau pour inventer une histoire de toutes pièces, les enfants ont imaginé l'histoire de cette peinture et les circonstances dans lesquelles ce portrait avait pu être réalisé - non sans y mettre un peu d'humour, bien sûr...

Chemin de fer au tableau, c'est l'heure des ciseaux !

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Concernant les illustrations, j'ai en effet proposé de les initier à la technique du collage. (Oui, c'est mon dada, j'avoue ! ^^) Et pour gagner un peu de temps - nous avions seulement deux séances devant nous - mais aussi pour que l'ensemble ait une certaine unité visuelle bien qu'il soit réalisé par des groupes d'illustrateurs différents, j'avais préparé un assortiment de papiers à utiliser prioritairement. Je m'étais inspirée des motifs peints par Picasso (vêtements, cheveux, décors).

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Bon, les ciseaux sont prêts ? C'est parti !

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Le résultat final, demain !

@ suivre :-)

*

30.06.2014

Comme un "Pont des Arts" (2)

Tandis que les élèves de Grande Section s'intéressaient à Matisse, la classe de CP - nous sommes toujours à l'école Camille Claudel de Triel-sur-Seine (78) - avait choisi de travailler sur Van Gogh.

N'arrivant pas à départager, malgré le recours au vote, ceux qui préféraient s'inspirer de La chambre des partisans de Terrasse du café le soir, je proposai que l'on essaie d'intégrer les deux œuvres au récit... Plutôt arrangeante, comme éditrice, n'est-ce pas ?

Ensuite, les choses se passèrent selon le même processus qu'avec l'autre classe, en commençant par l'observation minutieuse et le repérage d'éléments pouvant déclencher ou nourrir notre future histoire. Très vite, nous avons repéré, par exemple, au fond du tableau Terrasse du café le soir, une silhouette rouge - une femme de dos, vraisemblablement. Il fut décidé qu'elle serait notre héroïne. (Enfin... l'une des deux ! ^^)

 

Et c'est ainsi que naquit...

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@ suivre !

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27.06.2014

Comme un "Pont des Arts"

Si vous êtes un visiteur fidèle, vous connaissez déjà la collection - je vous en parle souvent. Mais, si vous déboulez ici pour la toute première fois, une petite mise à jour ici (sur le site de l'éditeur) ou  (sur celui de la revue Dada) pourra être utile à la compréhension de ce qui suit.

Cela dit, le principe est simple : les auteurs des albums publiés dans cette collection doivent imaginer une histoire "à partir" (ou "autour" ou "inspirée") d'une œuvre d'art pour amener le lecteur jusqu'à elle.

Depuis le début de cette aventure, j'ai eu le grand bonheur d'en écrire cinq, respectivement consacrés à Chagall, Hokusai, Le Corbusier, Picasso et Piano & Rogers. (Le sixième est en préparation !) Quand je rencontre des classes qui ont lu ces livres, j'aime expliquer la manière dont je travaille à cette écriture-là, forcément particulière. Mais le plus intéressant reste de s'y essayer tous ensemble. Et c'est ce que nous avons fait cette année, à l'école Camille Claudel de Triel-sur-Seine (78) - je vous montre !

En Maternelle, nous avons choisi un collage de Matisse, La Perruche et la Sirène.

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Nous l'avons tout d'abord minutieusement observé, puis décrit avec nos mots à nous. Ensuite, nous avons cherché ce qui pouvait bien relier l'oiseau tropical et la femme-poisson. Sans réponse évidente, il faut imaginer. Pourquoi ces deux personnages ? Évoluent-ils dans le même univers ? Fonds marins ? Forêt tropicale ? Que faudrait-il pour qu'ils puissent se rencontrer ? Voilà, l'écriture s'était mise en route...

Une fois l'histoire établie, j'ai dessiné le chemin de fer au tableau. Bien sûr, tout cela se fait en discutant avec les enfants du pour et du contre de tel ou tel choix de mise en page - un vrai travail d'éditeur auquel ils participent avec joie !

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C'est ici que je leur ai lâché la main. Ensuite, la classe de Marie-Jo a poursuivi seule sa création. J'ai découvert le livre terminé hier et l'ai feuilleté pour vous, regardez !

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*@ suivre !

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09.07.2013

Forêt, contes et collage - épisode 4/4

Avec les élèves de Grande Section, ayant les mêmes contraintes de temps, nous avons travaillé de la même manière. Mais, plutôt que de partir de la trame narrative d'un conte traditionnel, nous  avons suivi celle d'un de mes livres les plus populaires en Maternelle : Une Pomme pour Deux. Très vite, mes deux petits vers se transformèrent en souris, tandis que la pomme fut remplacée par une belle citrouille ! Nous avons cherché des idées, réécrit le texte et les dialogues, reconstitué le "chemin de fer" puis prévu les illustrations. Marie-Jo, la maîtresse, raconte tout ça très bien ci-dessous - cliquez sur l'image pour lire.

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Et voilà le résultat !

Ici, la couverture (1ère et 4ème de...) :

une pomme pour deux,maternelle,atelier d'écriture

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Là, les pages intérieures :

une pomme pour deux,maternelle,atelier d'écriture

J'adore, pas vous ?

Bravo à tous et... BONNES VACANCES !

*

08.07.2013

Forêt, contes et collage - épisode 3/4

Ma seconde visite à l'école Camille Claudel de Triel-sur-Seine fut consacrée à l'écriture. N'ayant pas le même temps devant nous - ni les mêmes ambitions - que pour ce projet-là, nous avons pris un petit raccourci... Nous sommes partis de contes traditionnels, dont nous avons gardé la trame narrative mais transposé de nombreux éléments : contexte et personnages, notamment.

C'est ainsi que Le Petit Chaperon Rouge est devenu La Petite Capuche Rouge de Triel. Comme je l'ai fait avec Hansel et Gretel des frères Grimm, les CP-CE1 ont réécrit l'histoire, tout en procédant à son découpage. Le synopsis a pris forme et l'on put prévoir les illustrations nécessaires...

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(> "clic" sur l'image pour mieux voir)

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(un crayonné)

 

Avec les CE2, c'est Boucle d'Or et les Trois Ours qui a un peu changé...

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"Nom d'une banane ! Il y a quelqu'un dans mon hamac !" ;-)

@ suivre...

*

02.07.2013

L'école est finie !

Dans quelques jours, tous les enfants de France (ou presque) quitteront leur classe, leurs copains, leur maîtr(ess)e et la cour de récré. Pour moi, ça y est, l'école est finie. J'y suis allée hier pour la dernière fois de l'année. (Mais je ne suis pas en vacances pour autant ! ^^)

C'était à Poissy (78), dans une classe de CE2-CM1 et c'était ma 4ème visite. Je ne venais pas pour animer un atelier, ni pour répondre aux questions des enfants - tout cela était déjà fait. Non, cette fois, je venais leur livrer des livres. Pas des livres écrits ou illustrés par moi : LEUR livre à eux, écrit et illustré PAR EUX !

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Fierté ! :-)

 

Ce fut un moment savoureux, chaque enfant vivant ce que je vis moi-même lorsque je découvre l'un de mes livres "en vrai" pour la première fois !

Le Jeu des 4 Saisons (ou l'extraordinaire aventure de Paul et Caroline) sera bientôt exposé - ainsi que tout le travail effectué en amont avec la classe - à la médiathèque de Poissy. Après quoi, il rejoindra ses confrères et pourra être emprunté par les lecteurs, comme n'importe quel autre livre. Chouette, non ?

Merci à tous pour cette belle aventure - en particulier à Aurélie, maîtresse dynamique et souriante avec laquelle il fut très facile (et agréable) de travailler !

 

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Que peut donc bien ouvrir cette drôle de clé ?

La réponse vous attend à la médiathèque de Poissy... ;-)

 

PS : ces prochains jours, la suite de mon bulletin scolaire ! @ vite !

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23.02.2011

Rencontres & Ateliers d'Art Postal

atelier d'écriture,atelier d'art postal,école élémentaire,voyage,collageCet hiver, j'ai été invitée à rencontrer les élèves de l'école Camille Claudel de Triel-sur-Seine (78). Ceux-ci (deux classes de CE1 et 2) avaient lu La Lettre mystérieuse et préparé tout plein de questions pour me "cuisiner"-! "Combien de temps avez-vous mis pour écrire cette histoire-?" "Comment fait-on un livre-?" "D'où vous vient l'inspiration-?" Tout ça, tout ça... - pour la première séance. Car, pour la seconde, nous avons tous "mis la main à la pâte"-! :-)
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Martin, le petit "héros" du roman reçoit une lettre mystérieuse, expédiée pour lui en "poste restante" en Chine - où il rêve d'aller un jour, quand il sera grand et guéri...
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Cher Martin,
Sais-tu qu'à Pékin j'ai croisé ton rêve ?
Il flâne autour des temples,
tantôt à pied et tantôt à vélo,
boit du thé vert,
mange de délicieux gâteaux,
joue au mah-jong et t'attend sagement...
Ne sois pas trop pressé.
Les rêves aiment prendre leur temps
avant d'être réalisés !

S'inspirant de cette histoire, les enfants ont à leur tour écrit des lettres concernant leurs propres "envies d'aillleurs"... Ensuite, nous avons fabriqué des cartes postales à l'image du pays (ou région, lieu réel ou imaginaire) qui les fait rêver. Celles-ci vont vraiment voyager par la poste et revenir à l'école : c'est ça, l'art postal !
 
Hélas, je n'ai pas eu le temps de photographier ces œuvres. Mais elles seront toutes exposées, début juin, lors des "portes ouvertes" de l'école.
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Entre nos deux séances, pour stimuler leur créativité, je leur avais envoyé ma propre carte postale... Bon, pas de surprise : je suis sûre que vous savez déjà quel pays me fait rêver ! ^^
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Bonnes vacances à tous ceux qui sont en congés !
Bon mercredi aux autres !
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09.06.2010

Lettres insolites * LE LIVRE !

Grâce à Mme Foucault, leur professeure de français, les élèves des deux classes de 4ème du collège François Rabelais d'Angers (dont je parlais dans ma note précédente) peuvent désormais montrer leur travail, superbement mis en valeur : leurs Lettres insolites à des objets ont été réunies dans un très beau recueil. Elles sont illustrées de photographies - tantôt d'objets, tantôt des oeuvres réalisées lors de l'atelier d'art postal - prises par Mr Kerrien, le CPE du collège.

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Et si on l'ouvrait ?

Bravo à tous !

 

Par ailleurs, si vous êtes dans la région d'Angers, les oeuvres originales sont exposées en ce moment, et jusqu'au vendredi 25 inclus, à la bibliothèque de Belle-Beille...

 

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Venez vous régaler !
 
 
 
 
 
 
Allez, encore un extrait pour vous mettre en appétit :-)
 
 
 

 

Librairie, le 25 janvier 2010

Mon très cher livre,

Quels merveilleux moments nous avons passés ensemble ! Je me souviens de notre rencontre. C'était dans la librairie de la rue des lecteurs. Tu étais tristement assis de travers, entouré de recueils de poésie et tu avais l'air perdu. Je t'ai emmené avec moi et, depuis, tu ne m'as plus quittée.

Pendant de longues heures, je t'ai tenu tendrement entre mes mains et, en retour, tu m'as fait découvrir ton univers qui m'a fait tour à tour rire et pleurer. J'ai lu en toi comme dans un livre.

Chaque soir, le même rituel, encore et encore. Quand je m'endormais, mes rêves étaient peuplés d'intrigues que tu me racontais. Les aventures que tu avais vécues étaient étonnantes. L'hiver, tu te tenais avec moi auprès du feu. Je me souviens avoir un jour renversé mon chocolat chaud sur toi. Tu n'as rien dit mais tu t'es mis à pleurer. Tu t'es lentement effacé.

Je te dis tout ça mais tu t'en souviens certainement. En fait, je veux t'avouer une terrible nouvelle : je te quitte. C'est terminé. Fini. J'en aime un autre qui me fera découvrir d'autres contrées.

Je suis sincèrement désolée.

Adieu.

Justine

 
 

02.06.2010

Lettre insolite... (suite)

Peut-être vous en souvenez-vous ? J'avais publié ici une lettre insolite. Elle s'adressait à un objet mystère, qu'une lectrice fidèle de ces pages avait aussitôt deviné :-) Bravo Sabrina !

Pourtant, les vrais destinataires de cette lettre étaient tout autres : il s'agissait d'élèves en classe de 4ème au collège François Rabelais d'Angers. Ils travaillaient l'épistolaire et avaient, eux aussi, écrit quelques lettres insolites...

Lors de ma venue au collège, en février dernier, je leur ai donc fait cette surprise. Ensuite, ils m'ont interrogée sur mes Lettres à une disparue, qu'ils avaient étudiées, puis sur la pratique de l'écriture... Ils étaient attentifs, ouverts. Ce fut une belle rencontre.

L'après-midi, d'autres élèves de 4ème leur ont succédé, dans le CDI baigné de soleil. Attentive elle aussi, cette classe est restée deux heures avec moi : la première pour la rencontre littéraire, la seconde pour l'atelier d'art postal. Après l'énoncé de quelques principes de base, les élèves se sont lancés dans "l'illustration sur enveloppe" de ces fameuses lettres insolites écrites par leurs camarades.

Je vous propose de découvrir quelques (petits) extraits - savoureux ! - de ce (double) travail, alors encore en cours de réalisation...

 

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Chère Ampoule,

Il faut que je t'avoue, que je t'avoue tout.

C'était un soir de décembre... Lorsqu'elle arriva à la maison, elle brillait, comme toi au début, te souviens-tu ? Rouge, puis bleue, verte puis jaune, ses couleurs me remplissaient le cœur. Elle me faisait des clins d'œil... Toi, tu commençais à perdre ton éclat, à perdre... ta beauté !

Peu à peu, je me suis attaché à elle et me suis détaché de toi...

Mais la coquine, couleur rouge diable, ne resta pas seule bien longtemps. Un beau soir, je la surpris avec mon meilleur ami, le sapin !

Maintenant mon soleil, ma douce amie, mon amour de toujours, je comprends en t'écrivant cette dernière lettre, à la lueur de ton ultime éclat de lumière, que tu seras toujours la seule à illuminer mon cœur.

Ton amant de toujours, Le chausson de Noël


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Cuisine, 1er septembre 2010


Ma bonne Fourchette,

J'ai coupé toute la journée d'hier. J'ai porté ici mon quartier général, le steak ne m'a pas attendu mais mes lames sont à quelques centimètres de la poêle. La chaleur de la gazinière est extrême, ma santé très bonne, mes dents sont bien affûtées.

Je te souhaite un bon dîner. J'envie le bonheur que j'ai eu l'an passé de te promener sur cette belle table de Noël. J'apprends avec plaisir que tu te portes bien, que la fourchette à dessert t'amuse et te donne des sujets de contentement, pique-la doucement pour moi.

Adieu, ma fourchette, celui qui t'aime bien.

Couteau.

Couteau, Lettres à Fourchettes, 2009-2010.


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Super-U, Rayon fournitures scolaires, le lundi 25 janvier

Chère Plume,

Il y a quelques mois, j'ai appris que tu m'avais trompé. Je me suis senti écoeuré et énervé. Mais aujourd'hui, de l'encre a coulé sous les ponts. Ma pointe ne bat plus pour toi. Veux-tu savoir ce qui m'a consolé ?

C'est la plus grande, la plus belle, la plus émouvante, la plus marrante, la plus gentille, la plus rare mais aussi la plus commune, la plus éclatante, la plus incroyable... C'est... c'est : la colle liquide. Elle m'a fait retrouver le sourire en m'emmenant à un cours de géométrie.

Ne crois pas pour autant t'en tirer à bon compte... Je suis actuellement avec ton amant : Stylo-Bille Rouge. Il a souffert, le pauvre... Les ciseaux m'ont aidé. Ils coupent bien et le petit tube en plastique n'a pas résisté. Tu dois penser que j'ai perdu la pointe mais c'est plutôt lui qui va la perdre.

N'essaye pas de me retrouver ou beaucoup d'encre va couler...

A jamais,

Jack l'Eventreur Compas.

 

J'ai reçu, aujourd'hui, le résultat final... et il est époustouflant ! Bravo à tous, élèves et professeurs ! (Bientôt des photos !)

 

@suivre...


10.02.2010

Lettre insolite...

...écrite la semaine dernière, comme un petit clin d'oeil littéraire offert à ceux qui me recevaient, au collège François Rabelais d'Angers.

 

Chère compagne de route,

Je suis au regret de vous dire que, malgré votre demande insistante, je ne pourrai vous emmener avec moi demain à Angers.

Ne croyez pas, surtout, que je sois fâchée contre vous ! J'aurais eu plaisir, au contraire, à faire ce petit bout de chemin avec vous, qui êtes toujours si belle, si gaie, vêtue de ce bleu lagon merveilleux ! (Savez-vous que c'est lui, qui m'a fait vous choisir, parmi toutes vos soeurs de couleurs plus austères ou métallisées, il y a déjà quelques années ?)

Votre présence à mes côtés, aussi bien votre silence à l'arrêt que votre chant - parfois un peu entêtant, il est vrai ! - roulé sur le pavé, m'aurait rappelé d'excellents souvenirs... Ah, l'Asie du Sud-Est et ses jardins d'orchidées ! Mayotte et ses champs d'ananas ! Cette fraîcheur surprenante des hauteurs de La Réunion ! Et cette chaleur humaine, dans les rues bruyantes de Palestine !

Mais vous ? Je me demande... Vous rappelez-vous la douce tiédeur de notre chambre, à Singapour, où vous vous êtes prélassée tout le temps de notre séjour ? Ou plutôt l'ombre suffocante du coffre de la vieille Mercédès, dans lequel vous avez fait, des heures durant, le tour de Kuala-Lumpur ? Avez-vous préféré le plancher de bois brut du petit mana-mana si tranquille sur cette île d'Indonésie ? Ou la moquette poussiéreuse chez notre ami d'Hébron ?

Finalement, vous me suivez, fidèle, dans mes plus lointaines « aventures », je vous confie de précieux souvenirs et pourtant, je ne sais rien de vous. Il faudra bien qu'un jour, nous nous parlions un peu ! L'occasion se présentera sans retard, j'en suis presque certaine, dans le hall d'une gare ou d'un aéroport, tandis que nous attendrons patiemment l'heure de notre correspondance...

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Mais, pour demain, je suis désolée de devoir vous le dire si crument : vous êtes trop grosse ! Je ne pars que pour la journée ; ma besace de facteur - moins élégante que vous, mais plus légère aussi - me suffira pour porter mes affaires.

Cependant, mon amie, ne désespérez pas ! Les vacances d'hiver approchent et quelque chose me dit que vous aurez bientôt, de nouveau, le plaisir de quitter ce placard pour partir au grand air ! Patience, ma chère... et dans l'attente de nos retrouvailles, ne soyez pas trop triste : souhaitez-moi plutôt « bon voyage » !

Bien à vous,

Véronique, votre voyageuse dévouée.

 

Avez-vous deviné à qui (ou à quoi) s'adressait ce courrier ? D'autres lettres insolites, écrites par les élèves, sont à suivre ! @ bientôt :-)

 

23.06.2009

Souvenirs de Pontault-Combault (8)

Extraits des textes de mes "apprentis auteurs" d'un jour - suite et fin. Nous partons aux Etats-Unis...

 

L'enfance d'Ashley

23 juin 1861

Me voici, Ashley. J'ai 14 ans, je viens d'une famille plutôt pauvre et je ne vois plus souvent mes parents et ma sœur. En ce moment, dans mon pays, les États-Unis, la guerre de Sécession fait des ravages. Tout ce que je raconte est totalement vrai. Ce cahier où j'écris mon journal, je l'ai trouvé dans les affaires de ma sœur, en pensant que ce serait mon dernier souvenir d'elle... Elle est gravement blessée, à cause d'une balle de fusil qui a ricoché et a heurté son dos. Je fais très attention parce que je suis sur un champ de bataille et les tirs fusent et passent juste devant mes yeux. J'essaye de me déblayer un petit chemin pour être en sécurité, car tous ces hommes qui se tirent dessus me font peur... même si j'aimerais bien les aider. Mais je pense à mon si jeune âge... Si j'aventurais ma vie dans cette guerre, peut-être que je la perdrais.

21 juillet 1861

Ce qui devait arriver est arrivé, ma sœur est décédée, elle a succombé à ses blessures. Ce journal, je l'écris pour elle qui me soutient du Paradis...

J'ai décidé d'aller dans cette guerre. Il est 5h30 du matin, il fait déjà très chaud et le soleil vient de se lever. Hier, un homme qui a perdu sa femme dans cette catastrophe m'a dit qu'il y aurait une bataille aujourd'hui et que celle-ci ferait sans doute de nombreux morts. Je l'ai pris au sérieux et je lui ai demandé de me laisser son fusil que je savais à peine manipuler. Il accepta mais m'ordonna de faire attention. (...)

Arrivé sur un champ de bataille, je me pose dans une tranchée et tire sur tous les hommes qui viennent du Sud. Un homme me crie dessus : « Non pas lui, il vient du Nord ! » (...) J'étais le seul enfant déterminé à abolir l'esclavage et d'ailleurs c'est bien pour ça que je suis là, en train d'essayer d'éliminer les hommes du Sud. Mais je crois avoir un petit avantage : les soldats n'oseraient pas tuer un si pauvre et si jeune enfant comme moi, mais cela n'est qu'une croyance. (...) Je me souviens d'une phrase que ma sœur disait souvent... « Fais toujours ce que tu dis. » J'ai dit que je voulais tuer un soldat,  je vais le faire. Je saisis mon fusil et vise la tête d'un homme en uniforme gris. J'appuie sur la gâchette et boum, la balle est partie, je me suis un peu déboité l'épaule en tirant, mais je prends mon mal en patience. Positif, je suis content ! Vous savez pourquoi bien sûr : je viens d'éliminer un Sudiste.

2 août 1861

Douze jours après la bataille me voici à l'hôpital. Ne croyez pas que je me suis fais mal  je suis seulement aux côtés du soldat nordiste que j'ai blessé lors de cette bataille. Il se remet doucement de ses blessures et me pardonne. Je lui demandai quel était son nom. Il me répondit « Monsieur Gomez ». Je voulais savoir aussi son prénom. Il me dit : « Monsieur Taylor Gomez ». Je n'en croyais pas mes oreilles, cet homme était mon père. Je ne l'avais pas reconnu car il avait le visage bandé. Je lui parlai un peu mais tout d'un coup, je vis le thorax de mon père qui ne faisait plus aucun mouvement de respiration. Je pris son pouls, son cœur ne battait plus ! Je courus aussitôt dans les couloirs de l'établissement et criai « Mon père est en train de mourir !» Une infirmière alla dans sa chambre et m'annonça tristement son décès. Je fondis en larmes : après ma sœur, c'était mon père. Qu'ai-je fait pour que tout cela m'arrive ?

22 août 1861

Je reviens de l'enterrement de mon père. Ma chemise est trempée des tristes larmes que j'ai versées en voyant son cercueil descendre dans ce maudit trou de terre. Sa mort était un peu de ma faute.

16 mars 1862

Voilà, je fête mes 15 ans aujourd'hui, avec tristesse en pensant a mon père. Avant je dormais dans la rue, mais maintenant une gentille dame m'a logé dans sa maison. Elle habite à Shiloh dans l'Illinois. Elle aussi a perdu de la famille dans la bataille de BullRun.

6 avril 1862

BOUM ! Ce bruit, c'était le départ de la bataille de Shiloh. J'étais prêt à affronter ces affreux Sudistes ! J'ai pris mon fusil et tiré. J'ai tué 10 personnes environ et j'en suis fier. Pourtant, j'ai quand même des regrets pour les familles de toutes ces victimes. Je n'aime pas la guerre, mais il fallait en finir...

9 avril 1865

La guerre est terminée. Je suis devenu majeur. Je vis maintenant chez ma mère, que j'ai retrouvée grâce à des télégrammes.  Nous avons une nouvelle maison. Elle savait la nouvelle à propos de Papa. Elle était triste, comme moi, et très étonnée que je me sois aventuré dans cette guerre. Malgré les morts de Papa et de ma sœur, ma mère et moi allons reprendre une autre vie, moins mouvementée que ces cinq dernières années. Le bilan de cette catastrophe est lourd : plus de 600 000 morts, dont des enfants. Des régions sont dévastées. Le Sud est ruiné.

Voilà, mon journal arrive à sa fin. Je le garderai toujours pour montrer à mes futurs enfants et petits-enfants mon enfance anormale. (...) Papa, ma sœur, je vous aime. Vous êtes passés dans la pièce d'à côté, mais je ne vous oublie pas.

Romain (la Guerre de Sécession)

 

Merci à vous pour vos efforts ! Bonnes vacances à tous ! ;-)

 

22.06.2009

Souvenirs de Pontault-Combault (7)

Extraits des textes de mes "apprentis auteurs" d'un jour - suite. Aujourd'hui, petit détour par le Tibet...

 

LE JOURNAL DE TENZIN

Préface

Lors d'un déménagement, Claire découvre un journal intime. Elle décide de le lire, mais de ne pas en parler à son frère - leurs parents étant morts il n'y a pas longtemps, elle ne veut pas le perturber avec des histoires de famille. (...)

Bien qu'étant d'origine tibétaine, Claire n'arrive pas à comprendre la langue du journal, qui est très complexe. Elle comprend par la suite que c'est un de ses ancêtres qui l'a écrit. Claire se met sur son ordinateur et cherche un endroit spécialisé dans l'écriture tibétaine et découvre enfin un lieu qui s'appelle le Lerab Ling à Roqueredonde près de Montpellier. Comme ils habitent à Aix-en-Provence ce n'est pas très loin et Claire décide d'y aller. En chemin, elle réalise qu'un de ses oncles éloigné travaille là-bas. Robert (l'oncle) lui accorde de l'aide pour la traduction du journal. Après une semaine de recherches, Robert lui annonce qu'il n'a pu traduire que 3 dates, sachant que le journal a été mal protégé et que cela fait 59 ans qu'il a été écrit.

 

21 octobre 1950

Je suis Tenzin, j'habite au Tibet sous une yourte avec mes parents, Tenzina (ma mère) et Chen (mon père). J'ai 11 ans, mon père travaille avec le bétail de la famille et ma mère travaille en Chine pour que l'on puisse manger correctement. Elle ne revient pas souvent. J'écris car il faut que je raconte ce que je vois et ce que j'entends. Alors que nous mangions, les Chinois sont venus nous expulser de notre yourte. Le lendemain, nous entendons des bruits inhabituels : c'est le monastère de Litang qui a été détruit par les Chinois. Je ne le montre pas, mais j'ai énormément peur. Peur de ne plus voir ma famille (qui ne regroupe plus que mes parents et moi). Peur de mourir, peur de ne plus pouvoir jouer avec le seule amie qu'il me reste. Peur de mourir si jeune et de n'avoir vu, dans ma vie, que mes parents se disputer et de n'avoir pas pu explorer le monde. Les enfants tibétains (ceux que je connais) n'ont qu'une idée en tête : voir la Chine. Mais pour mon père et moi, c'est d'aller en France et de pouvoir exprimer mes sentiments.

(...)

7 février 1956

J'écris aujourd'hui car c'est le nouvel an tibétain. Il faut préparer les costumes, la nourriture et plein de choses en une journée. Ça fait près de 3 ans que je n'avais pas écrit mais depuis 1956 un armistice a été signé. Les Chinois n'ont maintenant que le droit de venir dans nos villages pour l'exportation du textile et de la nourriture. Pour les crises de larmes et de cris de mes parents, ça s'arrange de temps en temps...

(...)

 

Claire est très émue par le journal de Tenzin. Elle remercie son oncle et décide d'en parler à son frère. Tous deux proposent à un musée parisien de l'exposer pour que ce journal puisse rester dans les mémoires.

Mais Claire, avant de le donner à un musée, décide d'écrire quelques lignes en français pour que ses petits-enfants puissent voir comment elle vivait, après ses ancêtres tibétains...

 

28 Avril 2009

Aujourd'hui, j'ai fini de lire le journal de Tenzin, qui était mon ancêtre. Il m'a beaucoup émue, car ce petit garçon tibétain assez pauvre n'a pas de chance mais arrive à s'en sortir.

Marion (l'invasion chinoise du Tibet)
La fin demain !

21.06.2009

Souvenirs de Pontault-Combault (6)

Extraits du travail des élèves de mon atelier d'écriture - suite. (Désolée, ces textes ne sont pas plus gais que les précédents... Mais c'était le sujet !)

 

Chère Jaqueline,

j'ai bien reçu ta dernière lettre où tu me parles du livre «La case de l'oncle Tom». Moi, aujourd'hui, je vais te raconter l'histoire de mes ancêtres... C'est ma mère qui me l'a racontée. Je te la dis, car ça me touche d'en parler avec toi.

C'était en 1849, les Français ont débarqué en Afrique Noire. Plus de 200 000 esclaves furent déportés sur l'île de la Réunion. Plus de la moitié d'entre eux mouraient durant le transport. Ils prenaient toutes les personnes qui étaient noires, ils les battaient s'ils ne faisaient pas le travail qu'on leur demandait de faire. Ils les humilaient, les traitaient comme des chiens. Mon arrière-grand-mère a été achetée par des gens très riches qui ne la laissaient plus vivre. Un jour, elle a osé réponde à son maître. Il a commencé de la battre...

(...)

Aïna

Mélanie (l'esclavage)

 

8 Avril 1990

Cher journal intime,

Je t'ai créé car mon cerveau est rempli de remords, de pertes, de tristesse et de souffrances. Je t'appelle "Joie et Amour".

Je vis en Mauritanie, en Afrique. Je suis orpheline, mais depuis 5 ans je vis chez mes cousins. J'ai 15 ans, je suis encore une jeune fille.

(...)

3 Mai 1990

Cher journal intime,

Une catastrophe est en train de se passer ! Les Soninké sénégalais prennent de plus en plus de territoire et nous avons plus d'armée pour nous défendre. Ils expulsent tous les Mauritaniens de leurs habitations et, s'ils refusent, ils les exécutent. Ma tante et mon oncle m'interdisent d'aller à l'école. Je suis obligé de rester avec mes cousins de 1 et 6 ans. Ma tante et mon oncle disent qu'on doit déménager avant de mourir d'un éclat de grenade.

10 Mai 1990

Cher journal intime,

Demain, nous partons. Les bagages sont déjà prêts, nous nous enfuyions comme des lâches. Nous partons vivre en France, car ma tante et mon oncle sont nés là-bas. Une nouvelle vie commence pour moi. J'ai les larmes aux yeux : je ne te reverrai plus jamais, Sall, mon amour. Et je ne reverrai plus jamais ma meilleure amie, non plus. Sall et Lina, vous resterez gravés dans mon coeur...

11 Mai 1990

Cher journal intime,

(...) J'ai décidé de te laisser ici, de ne pas t'emmener en France. Toutes mes souffrances et toutes mes pertes sont ici en Mauritanie. Vous allez me manquer, "Joie et Amour"...

Bruno (conflit frontalier entre Sénégal et Mauritanie)

 

...@ suivre !

 

20.06.2009

Souvenirs de Pontault-Combault (5)

Extraits du travail des élèves de mon atelier d'écriture - suite. (Attention, ces deux textes ne sont pas plus gais que les précédents... Mais c'était le sujet !)

 

La guerre de Joshua

Le 20 juin 1939

Aujourd'hui c'est mon anniversaire, j'ai 10 ans. Mes parents nous ont emmenés, moi Joshua et mes petites sœurs, en Normandie dans un petit village près de Cherbourg. Le soir, mon père m'a offert un beau stylo plume et ma mère, un magnifique cahier en cuir pour en faire un journal intime. D'ailleurs, j'écris dessus en ce moment. C'est la première fois que j'ai un journal intime, cela me permettra de me souvenir des moments historiques de ma vie.

Le 27 juin1939

Aujourd'hui, les amies qui nous ont hébergés, nous ont conseillé de quitter le pays car les Nazis souhaitent l'extermination des Juifs en France et risquent de provoquer une guerre mondiale. Mais nous sommes nés en France ! Nous sommes Français ! Mon père ne veut pas partir, mais ma mère a trop peur... Elle m'a donné le choix : soit je reste avec papa, soit je part avec elle.

Le 30 juin 1939

J'ai réfléchi, je reste avec mon père. Ma mère part ce soir pour Cuba, à bord d'un bateau. Mon père et moi faisons nos bagages, car les Allemands sont à deux villages d'ici ! Nous allons nous réfugier dans une vieille bicoque abandonnée...

(...)

Eymeric (pendant la Seconde Guerre mondiale)

 

 

Journal de Nozipo

(retrouvé et publié par S ****)

 

24 décembre 1980

Cher journal,

Je m'appelle Nozipo, j'ai 36 ans et je veux faire le deuil de ma famille malheureusement disparue à cause des émeutes à Untata dans le Sud de l'Afrique...

Mon cher mari, je me souviens de ce jour où tu m'as été enlevé en pleine ville lors d'une émeute... Tu ne peux pas imaginer la douleur que j'ai eue quand ils t'ont retrouvé, allongé par terre devant notre maison misérable. Je voulais me suicider pour partir avec toi, mais j'attendais un enfant de toi. Cet enfant est née, c'est une petite fille qui s'appelle Salina. Tu lui as donné tes yeux, ton nez, ton visage. Quand je la vois, je pense à toi.

(...)

 

3 janvier 1981

Cher journal,

Aujourd'hui les émeutes recommencent après la trêve de Noël. Les gens brûlent les maisons. Je n'en peux plus, pourquoi toute cette violence contre nous ? J'espère que Nelson Mandela fera quelque chose pour nous, pour nous sauver.

Je n'ai plus rien, rien du tout. Je suis désespérée et je me demande si je peux vivre sans maison, sans famille, sans rien.

(...)

Sarah (l'Apartheid)

 

...@ suivre !

 

 

19.06.2009

Souvenirs de Pontault-Combault (4)

Extraits du travail des élèves de mon atelier d'écriture - suite. (Attention, âmes sensibles s'abstenir !)

 

Antilles, 28 août 2008

Chère Krithika,

Je ne sais pas si tu te souviens de moi. Je suis Dylan. On s'est rencontrés en colonie de vacances. Je me souviens encore quand nous étions sur le banc au bord du lac à lancer du pain aux canards, quand j'étais dans tes bras, quand nous avions pique-niqué dans le champ avec nos amis. C'était vraiment génial. Je voulais reprendre de tes nouvelles car je me suis souvenu de tous ces bons moments passés avec toi et ta présence me manque. J'espère que toi et ta famille allez bien. Moi, dans ma région, tout va bien. Hier je suis allé chez ma tante et mon oncle pour fêter mes 14 ans. Il faisais très chaud, environ 35°C. J'ai revu mes cousins et cousines. Qu'est-ce qu'ils ont grandi ! On a passé tout l'après-midi à la plage. On a joué au ballon. Ensuite, nous sommes allés nous baigner. Nous sommes rentrés chez nous vers 21h pour diner. Dès 22h30, nous sommes partis à une soirée. Nous sommes rentrés vers 2h du matin. Quelle magnifique journée ! Et aujourd'hui je voulais t'écrire pour savoir comment tu allais. Bon, je vais te laisser en espérant avoir de tes nouvelles très vite. Je t'embrasse toi et ta famille.

Je t'aime.

Dylan

 

Antilles, 18 octobre 2008

Chère Krithika,

J'ai trop tardé à t'envoyer ma lettre du mois d'août, ce mois où tout allait bien. Maintenant, rien ne va plus. Il y a eu un ouragan dans ma région. J'étais chez ma grand-mère pour lui rendre visite ; nous discutions tout en regardant la télévision et en mangeant des petits biscuits qu'elle avait préparés. Soudain, nous entendîmes un énorme bruit et la maison commença à trembler. Nous n'osions pas bouger, nous étions terrorisés. Nous nous cachions sous la table en attendant que cela se calme. Je pensais à ma famille. Dès que ce "massacre" s'est arrêté, Je me suis assurée que ma grand-mère allait bien avant d'aller voir mes parents et mes frères et soeurs. Une fois arrivé chez moi, ça a été le drame. Les pompiers et la police étaient autour de ma maison. D'ailleurs, ce n'était même plus une maison : le toit était par terre, les fenêtres cassées, les chaises détruites... C'était horrible ! Je demandai aux pompiers et aux policiers si ma famille allaient bien. Mon père, ma mère, mes frères... Tout le monde était blessé. Je fondais en larmes, je n'en pouvais plus... Finalement, mes parents et mes frères n'ont pas tenu le choc. Ils sont morts après quelques minutes. Maintenant, je vis avec ma grand-mère, c'est de là que je t'écris.

J'espère que tu vas bien.

Dylan

Charlotte (après l'ouragan Omar)

 

...@ suivre !

 

 

18.06.2009

Souvenirs de Pontault-Combault (3)

Maintenant, place aux textes des élèves ! Je vous propose un petit florilège d'extraits - leurs travaux seront bientôt en ligne sur le site du collège.

 

À Washington, le 27 juin 2006

Chère maman,

Eh oui, c'est aujourd'hui. C'est mon anniversaire. J'ai quinze ans. Je suis heureuse et triste à la fois.

Je suis heureuse, j'ai un ans de plus. J'ai eu un ordinateur. Mais c'est la première fois que je fête mon anniversaire sans toi. Tu me manques sincèrement. Toi, et Derek. Une grande nouvelle est arrivée ce matin, qui ma rendue très triste. Celle-ci disait que les pompiers avaient retrouvé ton corps et le sien. J'ai beaucoup pleuré. Mais je sais ainsi que tu repose en paix. Je me sentirai mieux dorénavant.

(...)

Alix

Angélique (après l'ouragan Katrina)

 

 

Pont Marco Polo, 7 juillet 1937 (Chine)

Ma chère femme,

je finis par croire que plus rien ne pourra nous rapprocher. Tu as dû changer, au moins autant que moi... Aujourd'hui, j'ai 26 ans. Passerai-je mes 30 ans au front ? Plus rien ne peut m'étonner. Aurai-je encore ma place auprès de toi ? Mon tendre amour, comme tu me manques ! Tu ne peux pas savoir combien j'ai envie de te serrer fort contre moi. Au fait, aujourd'hui c'est l'anniversaire de Suhai : je vais lui écrire en lui disant combien je l'aime.

Mon amour, prends ce baiser.

Tchang-Kai

 

Pékin, 9juillet 1937 (Chine)

Mon petit soldat,

Comment tu vas, mon fils ? Veux-tu toujours être soldat, comme moi ?

Je te préviens, c'est dangereux... mais c'est un choix courageux !

Sache que je t'aimerai toujours. Pour ne pas te mentir, c'est très dur en ce moment. J'ai dû battre en retraite au Pont Marco Polo et rentrer à Pékin.

Si un jour je ne suis plus là pour toi et ta mère, j'espère que tu la protégeras comme je l'ai fait pendant toutes ces années...

Je te souhaite un joyeux anniversaire pour tes 14 ans. Je ne suis pas à tes côtés, mais j'y pense chaque seconde.

A bientôt,

ton héros de toujours...

Loïc (début de la guerre sino japonaise)

 

...@ suivre !

 

17.06.2009

Souvenirs de Pontault-Combault (2)

Voici, pêle-mêle, quelques-uns des sujets choisis par nos "écrivains en herbe" : lettres croisées d'un frère et d'une soeur qui s'ignoraient totalement jusqu'à ce que la guerre éclate (Anaïs et Mélanie), correspondance entre une petite fille d'Afrique orientale et une femme française (Mélanie), lettre d'un rescapé du tremblement de terre de San Francisco (Gaby), journal d'une enfant de Soweto (Sarah), lettre d'un étudiant chinois après les événements de Tienanmen (Issaad), lettre d'un enfant d'émigré portugais à son cousin "resté au pays" (Julien), journal d'un enfant juif au début de la Seconde Guerre Mondiale (Eymeric), journal de Louis XVII pendant la Révolution Française (Médy), lettre ouverte de Dewi, petite victime du Tsunami (Charlène), journal d'un enfant-soldat pendant la Guerre de Sécession aux Etats-Unis (Romain), lettre d'une Algérienne après la guerre civile (Thifaine), journal d'une jeune Mauritanienne (Bruno), lettres d'un soldat chinois à sa femme et son fils (Loïc)... etc. Riche et varié, n'est-ce pas ?

J'ai donc lu tout cela, pris des pages et des pages de notes et suis retournée à Pontault-Combault, mes conseils en bandoulière, pour une séance d'écriture...

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L'une des difficultés les plus couramment rencontrées par élèves fut d'arriver à "marier" documentaire et fiction. Certains, voulant bien faire et dépeindre au mieux la situation de leur personnage, les faisaient s'exprimer comme de véritables encyclopédies. Cet écueil est formateur : je le rencontre et dois l'éviter souvent moi aussi ! Quand on écrit pour les enfants - et quand, adulte, on parle de "la marche du monde" par la voix d'un enfant - on y est confronté, forcément. Aussi ai-je tenté de leur faire comprendre comment leur personnage devait incarner la situation plus que la décrire...
 
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Bien sûr, une seule séance n'est pas pas suffisante, même avec du travail en amont et en aval, pour parvenir à guider convenablement tous les élèves d'une classe vers une création cohérente. (Là sont atteintes les limites du concept d'atelier "miniature" et je précise que Mme Querné, professeur documentaliste à l'origine de ce projet, m'avait sollicitée pour une séance de plus, que mon agenda trop chargé ne me permettait pas d'assurer. Mea culpa !) Mais je crois tout de même que nos "apprentis auteurs" ont pu éprouver par eux-mêmes les grandes exigences de l'écriture fictionnelle - et, en premier lieu, la crédibilité !

...@ suivre !

 

16.06.2009

Souvenirs de Pontault-Combault

Cette année, j'ai expérimenté une nouvelle formule d'intervention scolaire : l'atelier d'écriture "miniature". La détermination sans faille de Mme Querné, professeur documentaliste au collège Monthéty de Pontault-Combault, a eu raison de mes hésitations premières et j'en suis vraiment très heureuse aujourd'hui ! Voici, en quelques mots, comment les choses se sont déroulées...

D'abord, les élèves de 4ème2 ont lu et étudié mes deux romans, Lettres à une disparue et Soliman le Pacifique (Journal d'un enfant dans l'Intifada), avec Mme Fougère, leur professeur de français. Puis ils se sont préparés à me rencontrer, rédigeant des questions sur ma manière d'écrire, sur mes intentions littéraires ou le quotidien du métier d'auteur. En mars, je suis allée à Pontault-Combault leur répondre...

Pontault01.jpg
 

Jusque-là, rien de plus classique ! Mais par la suite... s'appuyant sur les points communs de mes deux romans (écriture intime et sujets graves en rapport avec l'histoire ou l'actualité), Mme Querné a demandé aux élèves de se choisir un personnage fictif dans la peau duquel se glisser pour écrire et un événement important dont ce personnage voudrait témoigner - une belle occasion de faire toutes sortes de recherches documentaires au CDI.

Fin avril, Mme Querné m'envoya par la poste les brouillons des élèves. L'éventail des situations choisies était très large : pour moi, ce fut une excellente surprise ! Je pris un réel plaisir à les lire et à leur donner mon avis, accompagné de quelques conseils (que j'espère) avisés...

...@ suivre !

 

16.07.2008

L'exposition - les photos !

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