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23.04.2026

Traductrice or not traductrice ?

J'écris cette note pour fêter ma 10ème « traduction » et les guillemets que je mets à ce mot répondent en partie à la question.

Non, je ne me considère pas comme une traductrice au sens propre. Car, hormis l'anglais, je ne maîtrise pas les langues d'origine des albums que l'on me confie - chinois, coréen, espagnol, tchèque... Je préfère dire que je suis une  « interprète » ou que je « réécris des textes illustrés en français ».

Généralement, je travaille à partir d'une première traduction « basique », souvent fournie par l'éditeur d'origine - soit en anglais, soit directement en français. Mon rôle ensuite est de recréer cette magie du rapport texte / image si important dans les albums jeunesse. Il faut être subtil, créatif, mais savoir se faire oublier. J'aime beaucoup ça !

 

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J'avais raconté en détail l'une de mes « traductions » : La petite Fille qui cueillait des Histoires. N'hésitez pas à aller lire cette note pour mieux comprendre en quoi peut consister mon travail de « réécriture ».

 

 

Je me suis aussi occupée d'un beau livre espagnol publié à La Boîte à Bulles, dans une collection non Jeunesse : FEMMES et nos Pensées au Fil du Temps. Voici la note que j'écrivais en fin d'ouvrage.

 

En vérité, traductrice n'est pas mon métier. Je suis autrice - et je crée aussi des images. Comme Pilar, j'aime les phrases courtes : mes propres textes sont écrits ainsi. Et la plupart du temps, conçus pour être illustrés.

De là à traduire un texte de l'espagnol vers le français... Moi qui n'ai pas étudié cette langue, qui ne la parle pas ! L'idée paraît folle, n'est-ce pas ? Pourtant, lorsque Vincent, mon éditeur, s'est adressé à moi en m'envoyant le livre de Paulina Silva, je m'en suis sentie capable.

J'ai tout de suite été touchée par la poésie des images, leur finesse et leur profondeur. Comment elles se suivent, s'épousent, s'opposent, s'interpellent d'une page à l'autre, se répondent et cheminent. Ce qu'elles révèlent de l'autrice - de son propos, si mûr et si subtil. Ce qu'elles font vibrer en moi - de féminin singulier, d'universelle humanité. Le miroir qu'elles me tendent, les fenêtres qu'elles m'ouvrent...

Cette langue-là, oui, « me parle » : je la comprends intensément. J'ai su que ce travail allait me passionner.

J'ai lu, mais surtout écouté le texte. Essayé de saisir sa musicalité. J'espère de tout cœur que le mien chante aussi. Avec ma voix à moi, différente de celle de Paulina et cependant fidèle à l'esprit de son œuvre, à l'harmonie originale du livre. Vincent, bien sûr, y a veillé.

J'aime infiniment cet art - celui de « l'interprète » comme on dit en français, quand il s'agit de traduction orale. Parce qu'il me faut créer juste. Chercher beaucoup. Choisir chaque mot, peser chaque phrase, avec plus de délicatesse encore que lorsque je suis seule à bord.

Je remercie Vincent, d'avoir pensé à moi pour écrire le texte français de ce superbe livre, ode aux femmes. Et merci, Paulina, pour cette œuvre sensible et poétique, si profondément humaine.

 

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Alors... traductrice or not traductrice ?

Qu'en pensez-vous ?

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